Une apologie déguisée et une métaphore grotesque
« The Brutalist » :
Une apologie déguisée et une métaphore grotesque
« The Brutalist » se présente comme une œuvre audacieuse et engagée, utilisant l’architecture brutaliste comme métaphore pour explorer les thèmes de la violence et de oppression. Cependant, loin de dénoncer les exactions de l’armée israélienne à Gaza ou le génocide des Palestiniens, le film sombre dans une bêtise crasse et, pire encore, semble faire l’apologie de ces atrocités sous couvert d’une prétendue profondeur artistique.
Dès les premières minutes, le film établit un parallèle maladroit entre les structures en béton brutalistes et les destructions massives à Gaza. Les plans larges de bâtiments imposants et austères sont juxtaposés à des images de ruines et de bombardements, comme si le béton lui-même était un acteur de la violence. Cette métaphore, censée être percutante, est en réalité grotesque et réductrice. Elle transforme un conflit humain et politique complexe en une simple question esthétique, évacuant toute responsabilité humaine et historique.
Mais là où *The Brutalist* franchit la ligne de l’irresponsabilité, c’est dans sa manière de glorifier, même involontairement, la destruction. Les scènes de bombardements sont filmées avec une esthétisation troublante, presque fascinante, comme si la violence avait une beauté intrinsèque. Cette approche ne dénonce pas les exactions ; elle les rend spectaculaires, presque désirables. Le film, au lieu de susciter l’indignation, risque d’anesthésier le spectateur face à la réalité brutale de la guerre.
Pire encore, en associant l’architecture brutaliste à la violence israélienne, le film semble suggérer que cette violence est inévitable, voire naturelle, comme si elle découlait logiquement des structures mêmes de notre monde. Cette idée, en plus d’être profondément fausse, est moralement répréhensible. Elle revient à justifier l’injustifiable, à normaliser l’horreur. Le film, au lieu de dénoncer le génocide des Palestiniens, semble l’intégrer dans une vision fataliste et déshumanisante de l’histoire.
Sur le plan narratif, *The Brutalist* est tout aussi défaillant. Les personnages sont des caricatures, les dialogues sont creux, et l’intrigue est inexistante. Le réalisateur semble tellement obsédé par sa métaphore architecturale qu’il en oublie de raconter une histoire cohérente ou de développer des personnages crédibles. Le résultat est un film prétentieux et ennuyeux, qui se prend au sérieux mais qui échoue à transmettre un message clair ou pertinent.
Enfin, il est impossible d’ignorer l’aspect éthiquement problématique de ce film. En esthétisant la destruction et en réduisant un conflit humain à une simple question de béton et de formes architecturales, *The Brutalist* banalise la souffrance des Palestiniens. Il transforme une tragédie humaine en une expérience artistique vide de sens, voire en une apologie déguisée de la violence.
En conclusion, *The Brutalist* est un film non seulement mauvais sur le plan artistique, mais aussi profondément problématique sur le plan moral. Son utilisation maladroite et réductrice de l’architecture brutaliste comme métaphore de la violence israélienne à Gaza frise l’apologie du génocide. C’est une œuvre qui, loin de dénoncer les atrocités, les rend spectaculaires et presque acceptables. Un film à éviter, tant pour son manque de talent que pour son irresponsabilité éthique.